Le projet

La gestion des infrastructures et des sites industriels (transport terrestre, carrières, mines, villes …) implique souvent la caractérisation et la gestion de la végétation (valeur esthétique, sécurité des personnes, stabilité du sol). Ce marché pèse, rien que pour la France, plus de 5 milliards d’euros par an (Union Professionnelle des Entreprises du Paysage, 2011) et ne cesse de croître avec les enjeux croissants autour de la biodiversité, du changement climatique et des services écosystémiques (voir notamment les objectifs de l’UE à l’horizon 2020).

Toutefois les gestionnaires de ce type de sites sont rarement experts en botanique, physiologie végétale ou écologie. Ils sont donc confrontés à deux alternatives : se faire accompagner par des bureaux d’étude (leurs prestations étant souvent chères du fait de l’expertise et du temps homme nécessaire) ou faire les choses par eux-mêmes avec des risques réels au niveau économique et écologique (échec du projet de végétalisation, destruction des ouvrages, nécessité de mettre en œuvre de coûteux programmes de gestion des invasives …).

Cela est vrai, à la fois, pour les projets de végétalisation sur sols remaniés ou non (l’aspect aménagement de TalVeg2 : refonctionnalisation des sols, sélection du mélange grainier …) que pour la gestion de la végétation existante (l’aspect monitoring de TalVeg2 : anticipation des risques, planification des entretiens …)

 

De ce besoin, initialement identifié par la SNCF, a découlé le projet TalVeg (pour Talus Végétalisés), projet de R&D collaborative (financé par BPI et FEDER) en collaboration avec la SNCF, l’INRA et le CNRS-Ecotron. Ce premier projet a notamment permis de réaliser un Outil d’Aide à la Décision (l’OAD TalVeg®) qui consiste en l’intégration de trois briques technologiques propriétaires :

  • Des bases de données plantes et sols associées à des outils de requête pour sélectionner les espèces végétales adaptées au site et au contexte et identifier les matériaux pouvant composer le technosol.
  • Des modèles de fonctionnement du sol et de croissance des plantes pour optimiser le bon développement du couvert végétal herbacé sur un technosol performant.
  • Des calculateurs de biodiversité permettant de proposer un projet de végétalisation évaluant et maximisant la biodiversité.

 

Principes de l'OAD TalVeg® issu du premier projet TalVeg
Principes de l’OAD TalVeg® issu du premier projet TalVeg

 

En étudiant les premiers retours des industriels sur la technologie TalVeg®, il est rapidement apparu la nécessité de compléter le travail déjà réalisé par :

  • Le développement de sites pilotes à même de démontrer l’efficacité, y compris logistique, des solutions TalVeg® notamment sur d’autres segments de marchés que le ferroviaire.
  • De développer des briques technologiques complémentaires à même de répondre à des besoins plus larges que la végétalisation des talus.

Le projet TalVeg2 s’inscrit donc dans la continuité du premier projet TalVeg (noté TalVeg1 ci-après) avec pour objectifs de poursuivre la maturation du travail réalisé en réalisant des sites pilote démonstrateurs de la technologie TalVeg® en condition réelles (« show-room ») associés à une étude de faisabilité économique et de propriété industrielle afin de préparer le déploiement commercial de TalVeg® sur le marché.

Dans le même temps, TalVeg2 profite de l’expertise et des contacts acquis lors de TalVeg1 pour élargir les ambitions de TalVeg® à tout les projets nécessitant le développement d’indicateurs de biodiversité, la restauration des fonctions écologiques et des services écosystémiques de milieux anthropisés (lutte contre les espèces invasives, mesures compensatoires, connectivité du paysage), et ce, à travers des actions de R&D en collaboration avec des organismes de recherche et l’implication d’un nouveau acteur privé. Cela passe notamment par le passage à des échelles spatiales  plus larges via l’utilisation de méthodes d’acquisition de données aéroportées (d’où le partenariat avec l’Avion Jaune, entreprise de référence sur le sujet).