Le projet ACTE s’inscrit dans le programme Cit’In « Expérimentations démocratiques pour la transition écologique » dont l’objectif est de mobiliser largement la communauté des chercheurs en SHS et les acteurs de la transition écologique sur les enjeux et pratiques des initiatives citoyennes. Pour y parvenir, Cit’In combine une réflexion prospective et la coordination de plusieurs projets de recherche, accompagnées d’un séminaire. Au sein du projet ACTE, notre volonté est de partir des initiatives citoyennes pour éclairer et penser la transition énergétique dans le contexte plus vaste de la transition écologique.

Le projet s’inscrit dans la « démocratie du faire » telle que définie par le programme Cit’In, et plus largement dans le domaine de la démocratie technique (Callon, 1998 ; Callon et al., 2001 ; Lequin et Lamard, 2014 ; Bocquet, 2019). Un questionnement important du programme s’intéresse à l’articulation entre l’agir citoyen et l’action publique. Dans le projet ACTE, cette dernière concerne le secteur des politiques publiques en matière de recherche et d’innovation. Dans le processus de recherche action participative, il s’agit de co-construire une problématique scientifique entre des chercheurs et des acteurs de la société civile en passant par une phase de traduction-négociation.

Le travail de recherche se fonde sur une symétrie d’autorité des rapports entre les différents savoirs et les différents statuts sociaux, et un apprentissage mutuel avec pour conséquence une meilleure légitimité des savoirs produits, généralement dans des contextes transdisciplinaires. Plusieurs cadres de réalisation se sont faits au travers de projets pluriannuels financés par des programmes spécifiques comme les projets européens du programme transversal Science With And For Society (SWAFS), les projets du programme Co-construction des connaissances (CO3) ou ceux du Réseau d’Échange et de Projets sur le Pilotage de la Recherche et l’Expertise (REPERE) et les programmes participatifs régionaux Partenariat Institutions-Citoyens pour la Recherche et l’Innovation – Île de France (PICRI), Appropriation SOciale des SCiences – Bretagne (ASOSC), et Chercheurs-Citoyens – Nord-Pas de Calais. Ces recherches peuvent aussi bénéficier de cadres plus pérennes tels que les Boutiques des Sciences (Savoia et al., 2017, Lefebvre et al., 2019) qui apporteraient une capitalisation plus importante de ces expériences. En effet, les méthodologies déployées pour ce type de recherches doivent être inventives et adaptées à des contextes différents. Nous pourrions faire un parallèle avec la très grande diversité aujourd’hui des structures et des dispositifs de transfert de technologie allant des plus intégrés au système de recherche académique (laboratoires communs avec des entreprises, start-up ou juniors entreprises, hub-house, services de valorisation, etc.) jusqu’au monde institutionnel ou économique (pôle de compétitivité, programmes ANR dédiés, crédit impôt recherche, etc.). Ils constituent un véritable écosystème de la seule valorisation économique ne représentant qu’une des facettes de l’interface sciences-société. Il est assez paradoxal de voir qu’en comparaison, les aspects environnementaux, sanitaires, sociaux, politiques, culturels n’en bénéficient pas alors même que les défis sociétaux sont au cœur de la stratégie nationale de recherche et d’innovation. Le projet ACTE se situe donc dans un courant plus large qui s’inscrit dans la Responsabilité en Recherche et Innovation (RRI6).

Le projet a bénéficié d’une maturation qui a fait suite aux deux séminaires préparatoires organisés par le programme Cit’In7. Il s’inscrit parfaitement dans l’axe 8 du séminaire n°2 « la coopération entre chercheurs et acteurs de la transition : quels nouveaux formats de recherche ? ». Il résulte du regroupement de deux projets. Le premier était porté par B. Bocquet et S. Blangy avec un consortium qui puisait ses ressources dans le réseau du GDR PARCS et dans celui du Cnam. Il portait sur l’appropriation citoyenne de la transition énergétique. Le second projet était porté par Claire Brossaud dont le questionnement se focalisait plus sur la dimension des communs à mobiliser pour une transition énergétique dans le secteur de l’urbanisme et de l’habitat. Les deux projets se sont rejoints sur les aspects méthodologiques avec de part et d’autre un intérêt à travailler ensemble : pour l’appropriation citoyenne, un nouveau terrain complémentaire à ceux identifiés, pour les communs, une possibilité d’inscription des communs sur d’autres territoires et son examen comparatif.

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leoUne dernière hypothèse s’intéresse aux mé-thodologies de participation qui, outre leur ro-bustesse, doivent être adaptées aux contextes sociotechniques de la transition énergétique et permettre le développement du pouvoir d’agir collectif. Est-ce que les approches de Re-cherche Action Participative sont pertinentes dans un tel contexte? Les méthodologies dé-ployées au cours de ce projet sont-elles stables sur les différents territoires? Est-ce qu’une vi-sée de recherche et d’action est susceptible de transformer les rapports aux acteurs écono-miques et institutionnels? Cette démarche peut-elle conduire à une valorisation conçue à partir de capacités d’innovation technologique, économique, sociale, organisationnelle fondée sur les communs?